Peacock, Service de streaming, NBCUniversal (Comcast)

Le service de streaming Peacock est sur le point de débarquer (aux États-Unis)

Le géant des télécoms Comcast et sa division NBCUniversal s’apprêtent à lancer dès aujourd’hui aux États-Unis un accès anticipé à leur future plateforme de streaming, Peacock : 15 000 heures de films et de séries, sans compter les populaires night shows.

La guerre des services de streaming vient de voir une nouvelle armée entrer sur le champ de bataille. Un terrain dont les hauteurs sont actuellement occupées par les divisions blindées de Netflix (167 millions d’abonnés, début 2020). Dans les plaines ensanglantées en contrebas s’affrontent les indénombrables légions d’Amazon Prime Video (150 millions d’abonnés à Amazon Prime, certes, mais aucune statistique sur les utilisateurs de Prime Video), mais aussi les régiments enrôlés de Apple TV+ (33 millions d’abonnés en Janvier 2020 – la majorité ayant accédé au service via 12 mois gratuits) et les phalanges imbrisables de Disney+ (50 millions d’abonnés, début Avril 2020), ces dernières ne cessant de gagner du terrain. Littéralement une bataille des cinq armées, pour ne pas mentionner le film de Peter Jackson, au milieu de laquelle se sont lancés les francs-tireurs de Quibi au cours du 9 Avril 2020, le service de streaming pour mobiles ayant tout de même rassemblé 1,7 millions d’intéressés pour sa première semaine.

À trois mois du lancement officiel de son service de streaming, Comcast met à disposition un accès anticipé à toute sa base d’utilisateurs américains (environ 31,5 millions). Le nom même de « Peacock » a été choisi en raison du logo de paon (peacock en anglais) qui identifie le géant des télécoms. Le catalogue préliminaire sera déjà massif, alternant des programmes actuels, des titres classiques et des accès anticipés aux night shows tenus par Jimmy Fallon et Seth Meyers. Les abonnés pourront également retrouver des comédies NBC telles que 30 Rock, Parks and Recreation ainsi que Saturday Night Live, sans oublier bien évidemment le catalogue cinématographique de Universal Pictures, qui regroupe (parmi de nombreux classiques live ou animés) les sagas Jurassic Park, Back to the Future / Retour vers le futur, mais aussi Fast and Furious ou encore Jason Bourne.

Le service de streaming Peacock possède différents tarifs basés sur son modèle de financement publicitaire

Soutenu par un système de publicités, Peacock sera disponible sans coût pour tous ceux abonnés à Xfinity X1, une interface dédiée aux téléviseurs de salon permettant d’accéder facilement aux contenus vidéo ou audio, avec options d’enregistrement et de visionnage en différé (entre autres). Peacock sera également livré aux utilisateurs de Xfinity Flex, un service qui rassemble tout le streaming en provenance d’autres plateformes partenaires telles que Netflix, HBO, Showtime, etc.

À compter du 15 Juillet 2020, Peacock sera accessible via les smartphones, l’internet et les téléviseurs connectés, ainsi que les utilisateurs abonnés à Cox Communications. En ce qui concerne les tarifs, ils vont tourner autour du fonctionnement monétaire de Peacock, lequel, rappelons-le, se base sur un système publicitaire. La grille de tarifs est donc (légèrement) plus complexe que celles de la concurrence.

  • 5$ : Peacock Premium SANS pubs (abonnés Comcast ou Cox Coms’)
  • 9,99$ : Peacock Premium SANS pubs (non-abonnés)
  • 4,99$ : Peacock Premium AVEC pubs (non-abonnés)
  • 0,00$ : Peacock Free AVEC pubs et seulement environ la moitié du catalogue total de Peacock Premium

L’acccès anticipé à Peacock commence dès maintenant et sera disponible à l’intégralité de la base d’abonnés Comcast (31,5 millions d’américains) d’ici la fin du mois d’Avril 2020. Les inscrits au tout nouveau service de streaming devront toutefois attendre le lancement officiel du 15 Juillet pour bénéficier de quelques contenus inédits. Cela inclut à priori la série de science-fiction dramatique Brave New World, le film Psych 2 : Lassie Come Home, mais aussi les reboots des sitcoms Punky Brewster et Saved by the Bell. Tout n’est pas garanti, mais Matt Strauss, directeur de Peacock et NBCUniversal Digital Enterprises, s’est annoncé particulièrement confiant dans sa capacité à finaliser le contenu pour pouvoir le présenter en temps et en heure.

Hélas, Matt Strauss a annoncé qu’un nombre significatif de productions exclusives à Peacock seraient retardées jusqu’en 2021, dû bien évidemment à la pandémie du COVID-19 qui paralyse toute la production cinématographique et télévisuelle. L’année 2021 sera aussi l’occasion pour certaines séries-stars comme The Office de quitter le giron de Netflix pour revenir au sein de leur maison-propriétaire. Si le lancement anticipé de Peacock sonne comme une manoeuvre opportuniste pour profiter du confinement généralisé et rassembler le plus de spectateurs possibles, l’an prochain se profile comme un pic de fréquentation aux yeux des têtes pensantes de Comcast et NBCUniversal.

Avec le retour de « The Office », ainsi que le début de notre catalogue de contenus originaux début 2021, suivis par les Jeux Olympiques l’été suivant – Peacock sera instoppable.

Jeff Shell, PDG de NBCUniversal

Pour Jeff Shell et Matt Strauss, le parcours de Peacock est pensé comme un marathon et non comme un sprint. Le service de streaming n’atteindra son plein potentiel qu’en 2021, cette année-ci servant plutôt de rampe de lancement en pleine période de confinement. Selon une étude de Nielsen Holdings, la dernière semaine du mois de Mars a vu 181 milliards de minutes en streaming consommées par le public américain par rapport aux 70 milliards, sur la même semaine de l’année dernière. Et en ce qui concerne spécifiquement Comcast, le secteur de vidéo à la demande a grimpé de 50% par rapport à l’an passé.

Comme le relèvent judicieusement les journalistes de The Hollywood Reporter, il s’agit de déterminer de quoi l’avenir sera fait au niveau des budgets des consommateurs. Premièrement, il y a déjà beaucoup de concurrents dans l’arène et tous les contenus sont divisés entre plusieurs plateformes qui ne veulent plus partager quoi que ce soit. Ces concurrents, non contents de se battre contre le nouveau-venu Peacock, devront aussi faire face à WarnerMedia et son service HBO Max au début du mois de Mai 2020. Deuxièmement, la période de récession qui s’annonce dans le monde suite à la pandémie de COVID-19 limitera encore plus le budget moyen des consommateurs, en tout cas une portion non-négligeable d’entre eux.

Par conséquent, l’offre de Peacock à base de financement publicitaire pourrait faire une grosse différence, en dépit du fait que Comcast arrive un peu tard dans la bataille. Avec un service de base (environ la moitié du catalogue total) pour zéro dollars et un service complet pour 5 dollars, Comcast propose ici une offre particulièrement inédite et intéressante aux yeux d’une population qui va voir son budget de plus en plus tiraillé par moult offres commerciales. Certes, ces deux offres au coût modique inclueront de la publicité en contrepartie, mais les clauses ne mentionnent que 5 minutes par heure et c’est une contrepartie à laquelle les téléspectateurs du monde entier sont accoutumés depuis des décennies. Par comparaison, Disney+ coûte 7$ (pour l’instant), Netflix coûte entre 9$ et 16$, HBO Max sera tarifé à 15$.

Un des autres problèmes auxquels est confronté Peacock concerne sa visibilité. Le grand public est-il au courant de son existence ? Tout le monde connaît Netflix, difficile d’ignorer l’arrivée de Disney+ au sein des familles, et le titanesque marché hors-streaming d’Apple et Amazon joue en leur faveur. Alors qu’il entame à peine son lancement, Peacock est autre chose. Selon un sondage organisé entre The Hollywood Reporter et Morning Consult, sur un échantillon représentatif de 2 000 adultes, seulement 17% d’entre eux avaient entendu parler de Peacock, par rapport aux 24% conscients de l’existence du futur HBO Max de WarnerMedia.

En l’état actuel des choses, la pandémie de COVID-19 a affecté les plans de lancement de Peacock. Outre la paralysie des tournages de films, de séries et de programmes télévisés, non seulement le report des Jeux Olympiques leur a fait perdre un outil promotionnel majeur, mais les consignes de télé-travail ont également engendré du retard sur le développement du service de streaming lui-même. Si des lancements précoces ont été étudiés au sein de Comcast et NBCUniversal, le directeur Matt Strauss s’en tient au 15 Juillet 2020 comme date-cible, face aux complications mondiales.

Sources: The Hollywood ReporterVariety
Images Copyrights: Comcast – NBCUniversal

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