Onward / En avant (Dan Scanlon, 2020, Pixar Animation Studios / Walt Disney Pictures)

Box-Office Ciné : 9 Mars 2020

Ce week-end marque l’arrivée de nouveaux challengers dans l’arène cinématographique avec Onward / En avant de Pixar et The Way Back avec Ben Affleck. Dans l’ensemble, les ventes de tickets semblent maintenir le cap, en dépit de l’augmentation des cas du COVID-19 à travers le monde.

  1. Onward / En avant
  2. The Invisible Man
  3. The Way Back
  4. Sonic the Hedgehog
  5. The Call of the Wild / L’Appel de la forêt

En première place du box-office se situe Onward / En avant, la dernière production de Disney et Pixar. Diffusé dans 4 310 salles des États-Unis, le film a pu générer une somme avoisinant les 40 millions de dollars sur le territoire national. Il s’agit d’un score relativement timide, plus bas que prévu et nous sommes en droit de nous demander jusqu’à quel point la peur du coronavirus a pu empêcher les parents d’emmener leurs enfants dans les salles de cinéma. Il n’empêche que le film a su rassembler des échos remarquablement positifs. Cinemascore affiche un très élevé A-, tandis que Rotten Tomatoes recense 86% de critiques satisfaits (sur 229 avis) et 96% de spectateurs heureux (sur 3 889 avis).

À ce jour, les 40 millions de dollars générés au box-office américain représentent 59% des recettes, tandis que les 41% restants sont répartis à travers les 28 millions de dollars rassemblés à l’international. Il convient de noter que le film n’est pas encore sorti partout et que les 68 millions de dollars amassés pour ce premier week-end d’exploitation pourraient bien mener vers des cieux plus éclaircis sur les semaines à venir. Sous réserve d’une crise virale contenue, Onward pourrait profiter des retours extrêmement positifs et des vacances américaines du spring break pour limiter sa chute de fréquentation et rester à un taux de ventes plus stable que d’ordinaire.

The Invisible Man continue de générer des profits-record pour Blumhouse Productions

À la seconde place se trouve le champion de la semaine dernière, le thriller horrifique The Invisible Man. C’est pour son second week-end d’exploitation que le film de Leigh Whannell s’enrichit de 15 millions de dollars additionnels tout droit venus des salles américaines, ce qui porte le score national à 52,7 millions (54%). Quant à l’international, nous avons atteint les 45,6 millions (46%). À l’issue du deuxième week-end d’exploitation, la dernière création de Blumhouse Productions affiche un score total de 98,3 millions de dollars dans le monde. Pour rappel, le modèle de production du studio Blumhouse consiste à produire des films pour des budgets extrêmement modestes. En l’occurrence, The Invisible Man a coûté seulement 7 millions de dollars.

Rappelons brièvement la règle de rentabilité cinématographique. Tout film doit approximativement générer le triple de son budget de production pour atteindre son seuil de rentabilité. Vu qu’un tiers des recettes finales devra rembourser les frais de campagne promotionnelle, et qu’un autre tiers partira dans les poches des exploitants de salles de cinéma, le studio hérite donc du dernier tiers. À titre d’exemple, si un film est produit pour un budget de 10 millions, alors le studio espère atteindre environ 30 millions de recettes en salles. Car sur ces 30 millions, il n’en récupérera qu’un tiers. 10 millions rembourseront les frais promotionnels et les 10 derniers seront à destination des circuits de salles. Ce multiplicateur x3 n’est évidemment pas une science exacte, car les frais de campagne promotionnelle peuvent grandement varier (la promotion d’un film Avengers sera bien plus colossale que la promotion d’une petite comédie familiale) et d’autres facteurs – positifs ou négatifs – peuvent entrer en ligne de compte. Mais dans la moyenne des cas de figure, cela reste notre évaluation standard.

Suivant cette règle, cela placerait donc le seuil de rentabilité de The Invisible Man à 20 millions de dollars. 20 millions serait le stade à atteindre pour commencer à générer du profit. Or, au bout du deuxième week-end, le film de Leigh Whannell approche déjà des 100 millions de recettes. Blumhouse Productions vient donc de gagner 80 millions de dollars en bénéfice net, au bout de 10 jours de diffusion en salles. Et cela ne fera qu’augmenter. S’il y a une aptitude spécifique à attribuer à Blumhouse Productions, ce serait la capacité à transformer le plomb en or. Le studio est capable de générer des bénéfices même à partir de projets ayant eu des retours désastreux (The Grudge, récemment).

The Way Back, le dernier film avec Ben Affleck, n'est pas parti pour avoir une forte carrière en salles

À la troisième place du box-office américain figure un nouvel arrivant. Il s’agit de The Way Back, diffusé dans 2 718 salles – et très peu à l’étranger pour le moment. À ce jour, le dernier film avec Ben Affleck compte la majorité de ses recettes sur le territoire national avec 8,5 millions de dollars générés (93%), tandis que l’international (14 marchés) ne rapporte que 640 000 dollars (7%). Pour un film dont le budget serait – selon les rapports – de plus de 20 millions, ces 9,1 millions de dollars en première semaine d’exploitation constituent un score un brin timide. Les échos n’en restent pas moins très appréciables, avec un Cinemascore de B+ et un ratio critiques / spectateurs à 87% et 85% sur Rotten Tomatoes. Hélas, pour un seuil de rentabilité estimé à près de 60 millions, Warner Bros peut déjà s’attendre à des pertes financières à l’issue du parcours en salles.

Sonic the Hedgehog atteindra les 300 millions de dollars totalisés d'ici une poignée de jours, pour le plus grand bonheur du studio

En quatrième position, nous retrouvons Sonic The Hedgehog. Le Hérisson Bleu en est à son 24ème jour d’exploitation depuis sa sortie en salles américaines, le 14 Février 2020. Avec 8 millions de dollars engrangés sur son quatrième week-end aux États-Unis, le film de Jeff Fowler grimpe maintenant à 140,8 millions de dollars en Amérique (48%). Et avec 17-18 millions de dollars additionnels à l’étranger, nous atteignons le montant de 154,8 millions dans le reste du monde (52%). Cela donne un total de 295,6 millions de dollars pour conclure une carrière de 1 mois (et qui n’est certainement pas finie). Nous pouvons nous attendre malgré tout à des chutes de fréquentation plus importantes dès à présent, le principal concurrent pour le public enfant étant arrivé en la personne de Onward.

Malgré la présence de Onward en salles, de tels résultats constituent une excellente nouvelle pour Paramount Pictures. Le Hérisson Bleu est sur le point de franchir le palier des 300 millions de dollars d’ici une poignée de jours, et de ce fait, il balaye aussi les pires inquiétudes qui s’étaient formées autour du projet avant même sa sortie en salles. Sur décision du studio, le personnage de Sonic lui-même avait été sujet à un redesign en pré-production, après d’innombrables plaintes et critiques formulées à l’égard du design de l’iconique créature, lors de la diffusion du premier trailer. Avec un palier de rentabilité avoisinant déjà les 255 millions de dollars, nous pouvions tabler sur un montant encore plus exorbitant à atteindre, dû aux retards, au décalage de sortie en salles et au travail additionnel de la part des équipes d’effets spéciaux. Le projet n’était définitivement pas parti sur de bons rails. Et pourtant, un mois après la sortie en salles, tout est bien qui finit bien pour Sonic The Hedgehog et ses 300 millions de dollars garantis.

The Call of the Wild confirme de semaine en semaine son statut d'erreur de production

Dernière place du box-office. The Call of the Wild / L’Appel de la forêt et son chien entièrement numérique. La production de feu 20th Century Fox rassemble 7 millions de dollars supplémentaires dans les salles américaines, au bout de 17 jours d’exploitation. Cela porte le montant des recettes nationales à 57,5 millions (58%). Quant à l’international, le dernier film avec Harrison Ford génère environ 8,7 millions de dollars additionels et nous donne donc la somme totale de 42,1 millions. En cumulant le tout, The Call of the Wild atteint à peine les 99,6 millions de dollars à l’issue de son troisième week-end d’exploitation.

Nous parlions plus haut du modèle de production impressionnant du studio Blumhouse, qui parvient à générer des profits même sur ses films les plus désastreux, le tout grâce à un modèle de dépense sage et mesuré qui limite les coûts irraisonnés. Nous n’en dirons pas autant de la dernière production de 20th Century Fox, qui a coûté 135 millions de dollars à créer. Vis-à-vis du seuil de rentabilité, nous ne sommes donc pas loin des 400 millions à viser pour éviter toute perte d’argent. Mais avec moins de 100 millions de dollars obtenus en trois semaines, perte d’argent il y aura. Et elle se fera sentir sur les comptes de Disney. Pour rappel, le groupe The Walt Disney Company a hérité des projets – et en l’occurrence, des dettes – de la 20th Century Fox après le rachat massif des propriétés du groupe Fox pour le montant inimaginable de 71,3 milliards de dollars en Mars 2019. Avec une perte potentielle de plusieurs centaines de millions de dollars, cela fait un lourd bagage à traîner pour avoir voulu créer un chien totalement faux, au lieu de faire comme tout le monde et d’embaucher de vrais chiens sur le tournage.

Sources: Box-Office MojoCinemascoreRotten TomatoesIMDb
Images Copyrights: Disney/Pixar – Universal PicturesWarner Bros. Entertainment IncTwentieth Century Fox France

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