Phil Spencer (Microsoft Game Studios)

L’avenir du jeu vidéo selon Phil Spencer de Microsoft

À l’occasion d’un article de Protocol retraçant les perspectives des plus grands groupes technologiques vis-à-vis du medium vidéoludique, Phil Spencer a affirmé que l’avenir se jouait sur le cloud gaming et contre des concurrents autrement plus gros que Sony et Nintendo.

Avec un revenu global avoisinant les 150 milliards de dollars par an, le secteur du jeu vidéo n’a plus à rougir face ceux qui auraient pu le prendre de haut, il y a quelques décennies de cela. Loin de là. À titre de comparaison, le box-office mondial cinématographique s’élève à 42,5 milliards en 2019, une portion significative de ce chiffre étant lié à Disney avec pas moins de sept films milliardaires – un record absolu pour un studio de cinéma : Avengers Endgame, The Lion King, Frozen II, Captain Marvel, Toy Story 4, Aladdin et Star Wars – The Rise of Skywalker. Dans une moindre mesure, le secteur de la musique a pu générer un peu plus de 19 milliards de dollars en 2018, services de streaming inclus. Autrement dit, le jeu vidéo dépasse les secteurs des films et de la musique combinés… de plus du double.

Face à une telle envolée de résultats financiers, plusieurs grands groupes technologiques se sont investis à différents niveaux dans le medium vidéoludique. « En tant que compagnie technologique, vous devez faire business dans le jeu vidéo« , selon Phil Spencer. Et du point de vue de Phil Harrison, vice-président chez Google, les jeux vidéo sont dorénavant le plus grand medium de divertissement d’un point de vue digital, et cette ampleur est précisément ce qui attire les grands groupes technologiques pour développer des manières de propager leurs produits et services auprès du plus grand nombre.

De manière particulièrement détachée, Amazon possède une des plus importantes plateformes de visionnage (et de promotion) de streaming de jeux vidéo, Twitch, avec plus de 140 millions de spectateurs mensuels. Sur un autre versant, Apple possède une certaine mainmise sur le marché des applications ludiques sur smartphone. Environ 80% des revenus générés par l’Apple Store sont liés aux jeux vidéo, et selon les représentants du groupe, plus d’un milliard de personnes jouent sur iPhone et iPad. De son côté, Facebook tente de revenir en force avec Facebook Gaming, une alternative à Twitch articulée autour de sa propre plateforme sociale. Et Google a récemment lancé le projet Stadia, afin de proposer à tous un accès en 4k et 60fps à des jeux sans avoir de téléchargement à effectuer, et depuis n’importe quel appareil doté d’une connexion internet suffisante. Tout du moins, sur le papier.

Et de son côté, Microsoft souhaite se tourner vers l’avenir. Phil Spencer se préoccupe de moins en moins d’un gaming traditionnel. Pour lui, le futur du jeu vidéo réside dans la technologie du cloud. Dans le jeu dématérialisé et à distance. Et dans cette optique, il écarte Sony et Nintendo d’un revers de la main, ne considérant plus ces concurrents historiques de Microsoft comme tels, aujourd’hui. Selon ses termes, les compagnies de jeux vidéo traditionnelles commencent à être en dehors de leur élément. À l’inverse, Microsoft a investi des dizaines de milliards de dollars dans la technologie cloud. « Je ne veux pas me battre dans une guerre de plateformes contre eux (Nda: Sony et Nintendo), alors que pendant ce temps, Google et Amazon se préparent à immerger 7 milliards de futurs clients potentiels dans le monde du gaming. Au final, c’est ça l’objectif« .

Xbox Series X (Microsoft)

Une attitude surprenante aux yeux de certains, qui considèrent le gaming traditionnel comme particulièrement vivant, même aujourd’hui. Comme une étrange contradiction, la prochaine génération de consoles menée par Sony et Microsoft présente deux machines qui semblent combattre dans la même arène, Playstation 5 et Xbox Series X. Comme le souligne les journalistes du site Gamekult, « Deux machines qui, jusqu’à preuve du contraire, courtisent les mêmes fournisseurs, les mêmes créateurs, les mêmes joueurs et qui seront forcément considérées comme deux concurrentes directes dans tous les domaines possibles et inimaginables« . Devrait-on en conclure que la Xbox Series X signe la dernière génération d’un gaming traditionnel de la part de Microsoft ? Les nombreux heurts rencontrés par le fonctionnement de Google Stadia, qui peine à remplir les clauses techniques du contrat pour un certain nombre de clients, semblent peindre un tableau encore très flou du paysage vidéoludique du futur.

Un gaming basé sur la haute connexion internet a très certainement le potentiel du gaming de demain. Mais demain reste encore bien lointain lorsqu’en 2020, seule une portion minoritaire de chaque pays parmi les États les plus développés du monde, possède les vitesses de connexion requises pour une technologie comme Stadia. Et lorsque jouer aux jeux sur Stadia s’avère plus onéreux et instable qu’une expérience gaming traditionnelle, la perspective d’une industrie d’avenir basée sur le cloud semble teintée de doutes et d’incertitudes. Tout du moins dans l’immédiat. D’où l’idée d’un objectif à long-terme visé par Microsoft sous l’impulsion de Phil Spencer. Reste à déterminer à quel point cette initiative reste en avance sur son temps.

Sources : ProtocolGamekult
Images Copyrights : WikiMedia Commons – Microsoft Game Studios

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